Quand le corps parle à la place des mots
Longtemps, j’ai cru que mes crises venaient de moi. De mon cœur. De ma fragilité. Je n’avais pas encore compris qu’elles venaient surtout de mon environnement. Vivre dans un climat où l’on doit être forte, souriante, disponible, alors qu’à l’intérieur tout tremble, crée une tension permanente. Une tension silencieuse. Je n’osais pas dire que j’allais mal. Et quand je l’aurais voulu, je pensais que personne ne comprendrait. Parce que je souriais. Parce que je “tenais”. Parce que j’avais cette carapace que beaucoup prennent pour de la solidité. Alors j’ai tout gardé à l’intérieur. L’anxiété, la fatigue, l’hypervigilance, les émotions retenues. Mon système nerveux n’a jamais eu de vrai repos. Et à force de contenir, quelque chose a dû sortir. Chez moi, c’est le cœur qui a parlé. Cette alarme porte un nom médical : la maladie de Bouveret. C’est une tachycardie paroxystique supraventriculaire, liée à un défaut électrique du cœur. Concrètement, il existe un circuit électr...