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Aurawa

Avec toi, je ressens tout. Même dans le silence… surtout dans le silence. Tes yeux parlent pour toi, et ils racontent des choses que peu de gens savent entendre. Moi, je les écoute. T’es si beau… pas seulement dans ce que tu montres, mais dans ce que tu es. C’est étrange, tu sais… C’est comme si j’avais trouvé une pierre précieuse, rare, presque irréelle… Moi, cette pierre, je l’ai soigneusement déposée dans mon cœur. Et maintenant, j’ai envie d’en prendre soin. De la polir doucement, de raviver son éclat, d’apprendre à la connaître pour ne jamais l’abîmer. Je veux qu’elle brille autant qu’elle le mérite. Même avec ses petites imperfections… Parce que ce sont elles qui la rendent unique, et encore plus belle. Et puis, il y a nous… Avec nos esprits qui vont vite, nos pensées qui s’emmêlent parfois, nos silences pleins de sens. Notre TDAH… On pourrait croire qu’il complique tout, mais avec toi, j’ai l’impression qu’il nous rapproche. On se comprend sans avoir besoin de tout expliquer. On...

Quand le corps parle à la place des mots

Longtemps, j’ai cru que mes crises venaient de moi. De mon cœur. De ma fragilité. Je n’avais pas encore compris qu’elles venaient surtout de mon environnement. Vivre dans un climat où l’on doit être forte, souriante, disponible, alors qu’à l’intérieur tout tremble, crée une tension permanente. Une tension silencieuse. Je n’osais pas dire que j’allais mal. Et quand je l’aurais voulu, je pensais que personne ne comprendrait. Parce que je souriais. Parce que je “tenais”. Parce que j’avais cette carapace que beaucoup prennent pour de la solidité. Alors j’ai tout gardé à l’intérieur. L’anxiété, la fatigue, l’hypervigilance, les émotions retenues. Mon système nerveux n’a jamais eu de vrai repos. Et à force de contenir, quelque chose a dû sortir. Chez moi, c’est le cœur qui a parlé. Cette alarme porte un nom médical : la maladie de Bouveret. C’est une tachycardie paroxystique supraventriculaire, liée à un défaut électrique du cœur. Concrètement, il existe un circuit électr...

Vivre à contre-courant

​ Être TDAH, c’est vivre quand les autres dorment, tenir des vies entre ses mains la nuit et chercher la mienne à l’aube. C’est soigner dans le bruit des alarmes, puis offrir bénévolement du temps, de l’écoute, de l’élan à celles et ceux qui doutent. C’est glisser sur des roulettes comme on respire, transformer l’instabilité en mouvement, le chaos en chorégraphie. Je suis atypique. Fatiguée parfois, dispersée souvent, mais profondément engagée. Je vais à contre-courant d’un monde qui exige des lignes droites, alors que je suis faite de courbes, de nuits blanches, et d’une créativité qui sauve les autres, et moi-même.